Je te vois dans la cuisine
Préparer le repas
Celui que l’on connaît par cœur
Avec tes mains rugueuses
Qui ne répondent plus à tous tes désirs
Tu étends le linge au soleil
Avec lenteur
Et commentes le temps qu’il fait
Tu dis que tu perds un peu la mémoire
Mais tu es présente à tout
Tu ne cherches plus midi à quatorze heures
Tu te contentes de ces rituels
Te réjouis quand il n’y a pas d’accro
Dans tes rouages
C’est rassurant de t’observer
Tu parles de tes morts
Avec douceur
Tu es tranquille dans ta peine
Je te regarde
Et tu es belle
Comme quelqu’un qui ne cherche pas à être regardée
Les traces sur ton corps
Généreuses
Offrent une fenêtre sur ton histoire
Tu ne peux plus courir mais à quoi bon
Maintenant que rien ne presse
Ca te fait sourire
Tu ne demandes pas grand chose
Juste de rester comme ça
Tant qu’il reste l’essentiel.
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